Stand Developpement 12


rodinalAvec l’arrivée dans ma besace de nouveaux jouets argentiques, je laisse un peu mon boitier numérique (encore que je double souvent avec le numérique) pour du bon et vieux moyen format argentique. Et comme 400iso est là au départ pour vous parler de noir et blanc, voici ce que je vous propose aujourd’hui.

 

Qui dit argentique, dit développement. Et il se trouve que j’ai du pousser quelques pellicules (en l’occurrence des Kodak TriX 400) au delà de leurs sensibilités nominales. J’ai donc exposé mes TriX à 3200 et 6400. Et en cherchant à racheter du révélateur sur internet, je me penche sur le rodinal (très ancien révélateur) qui semble économique, facile à conserver, et surtout, qui semble me correspondre: je ne cherche pas à masquer le grain, au contraire, j’aime qu’il rendre mes images plus nettes et plus chaleureuses.

Cette technique de développement permet de développer une pellicule poussée (ou pas) d’une manière originale.

Ce révélateur à comme propriété de préserver le grain (contrairement à beaucoup qui minimisent le grain), et d’apporter une plus grande accutance (sensation de netteté), et lorsqu’il est très dilué (1+50, 1+100 ou plus encore), on peut lui rajouter un effet compensateur que l’on va utiliser justement dans le cadre des pellicules poussées.

Le stand développement (ou développement sans agitation)

 

C’est ‘une technique de développement à très haute dilution sans effectuer de retournement de la cuve pendant le développement de la pellicule dans le révélateur. On peut l’utiliser pour des pellicules à leur sensibilité nominale et ou poussées.

Le Rodinal (anciennement fabriqué par AGFA, nouvellement résigné Fomadon R09) s’y prête particulièrement bien. Ce révélateur s’utilise normalement à des dilutions élevées, 1+25 ou 1+50, mais on peut l’utiliser à des dilutions beaucoup plus grandes: 1+100, certains vont même jusque 1+200. Le temps de développement sera plus long.

Il faut cependant respecter le principe qu’il faut un volume de révélateur pur minimum par pellicule développée. En effet, si le révélateur est épuisé, la pellicule ne peut plus se développer. Il faut donc garder environ 5ml minimum dans la cuve par pellicule. Dans mon cas, j’utilise une cuve paterson, ou je mets 6ml de révélateur pour 600ml d’eau (1+100), cela fait donc 6ml pour ma pellicule: c’est donc bon.

 

Quel est le principe et ses avantages?

Lorsqu’on développe une pellicule, on effectue des retournement la première minute puis toutes les minutes ou toutes les 30 secondes selon les méthodes ilford ou kodak. Cela à pour effet de redistribuer le révélateur qui a pu s’épuiser dans les zones plus exposées que les autres, et donc amenées à être plus sombres. Ici, on ne fait aucun retournement. de ce fait, le révélateur s’épuise dans les zones correspondant aux hautes lumières, et reste concentré dans les zones des ombres. Cela a pour effet de ralentir le développement des hautes lumières (et d’éviter de les bruler) car sans révélateur dans ces zones, le développement ralentit et de continuer le développement dans les ombres afin de garder du détail. Avec la grande dilution de ce stand développement (comprendre développement inerte ou sans agitation), l’effet compensateur est donc important, préserve un grain assez fin, et augmente encore l’accutance.

 

lightroomeqstanddev

 

En comparaison des termes numériques correspondants, ceux de Lightroom 5 sont dans le panneau de contrôle des tonalités:

 

  • Hautes lumières (c’est comme si on poussait le curseur vers la gauche)
  • Ombres (curseur poussé vers la droite)
  • Clarté (curseur poussé vers la droite)

 

 

 

 

 

Pour les pellicules poussées, cela est encore plus intéressant puisque cela peut permettre de diminuer le grain. A cela ajoutez la diminution du contraste global (qui compense l’augmentation du contraste dû au au fait que la pellicule est poussée) et une augmentation de l’accutance (contraste local, ou clarté dans Lightroom) et vous obtenez un développement magique:

Pensez, pendant que ça développe, on n’a plus qu’a partir faire autre chose, et pendant une durée qui augmentera si on pousse beaucoup la pellicule.

La tendance actuelle est la suivante: on n’augmente plus trop le temps de développement lorsqu’elles sont poussées. Pour ma part, je continue d’augmenter la durée de développement.

Cependant, si on pratique la méthode qui consiste à ne pas développer plus longtemps, vous pourrez donc développer au sein d’une même pellicule, des photos qui auront été exposées à 400 ISO, ou 800 ISO voire 1600 ISO. Et Voila un avantage du numérique qui disparait! Je ne l’ai pas encore testé.

 

Prenons des exemples (dans mon cas, avec de la TriX 400 en moyen format):

Pour une sensibilité nominale, à la dilution 1+100, il faut compter environ 1h. La dilution fait que la température n’as presque plus d’importance. Mais ne le faite pas avec de l’eau chaude quand même.

 standdev

Tri-X 400 exposée à 400iso, Développement Rodinal 1+100 pendant 1h

 

Les règles de bases sont les suivantes (dilution 1+100):

  • développement dans du Rodinal ou Fomadon R09, dilué à 1+100
  • température: autour de 20°C, de toute façon, elle bougera pendant le développement, mais la variation sera négligeable.
  • durée du développement : 1h pour toutes les pellicules (cela peut être adapté avec votre expérience, mais c’est une base fiable).
  • agitation normale pendant 10 secondes puis on laisse pendant toute la durée du développement.
  • Si on souhaite augmenter un peu le contraste, on peut effectuer UN retournement très lent toutes les 30 minutes. Cela évite aussi de laisser le révélateur se déposer au fond et développer de façon dégradée votre pellicule, surtout sur une pellicule 120.
  • 5ml de révélateur pur par pellicule minimum (certains disent que 3ml suffisent).
  • Si on pousse la pellicule, on augmente de 30 minutes par diaphragme poussé (1h30 pour une 400 ISO exposée à 800 ISO, 2h pour une une exposition à 1600 ISO).

 

Il faudra adapter si on dilue à 1+200

  • Si on dilue à 1+200, le temps de base n’est plus de 1h, mais de 2h.
  • il faut faire attention à avoir 5ml minimum pour une pellicule, vous devez donc posséder une cuve de 1L (à 1+100 il faut 500ml minimum).

 


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12 commentaires sur “Stand Developpement

  • Thomas

    Avec une telle dilution, on utilise et rejettent moins de révélateur : c’est donc écolo en plus! Tiens, ça ferait un bon sujet d’article cette thématique… ;-)

  • florian

    Bonjour merci,
    pour ce topic
    Je souhaiterai développer ma pellicule Kodak 135 tri-X 400 à 3200 avec du fomadon R09
    je dois dilué à 1+100 sur 300ml et un temps de 2h30min? ou alors j’utilise 600ml pour avoir 5ml minimum?
    merci

    • Yvan Auteur de l’article

      alors bonne question. disons que pour être sur de la quantité de révélateur, 600ml sont effectivement préférable. il y a les défenseurs des 5ml minimum par pellicule. Perso, c’est ce que je ferai. je dilue aussi à 1+100 et fait ca sur 2h30. cependant à 3200 j’ai deja eu des pb d’expo, était ce du à une erreur à la prise de vue ou au développement. je ne sais pas trop. j’ai pensé que ct l’expo.

      • florian

        Bonjour Yvan,
        Merci pour votre réponse rapide.
        Car sur Reeltime ils disent qu’avec le Fomadon R09 + Kodak Tri-x 400 @6400 dilution 1+100 = 2h30 à 20° ( le problème est peut être la)
        je ne sais pas…Peut être choisir un autre révélateur comme du kodak D-76 ou du Xtol.

        • Yvan Auteur de l’article

          j’ai développé une tris justement poussée à 3200. je crois de tete qu’il faut 2h normalement mais j’ai poussé à 2h30 en essayant de développer au max. malgré tout, c’était très clair comme négatif. mais c’était des photos de concert, donc peut être une erreur d’expo.

  • Thomas

    Déterrage de sujet !
    Technique utilisée plusieurs fois avec du fomadon r-09 et et de la tri-x ( combo parfais pour le standev ?! )
    Poussée à 1600 en photo de nuit on obtient des noir fabuleux et de jolis blancs si on joie avec les lampadaires !
    J’aime ce révélateur, j’aime cette technique et que dire de la tri-x.

  • Olivier

    J’ai un peu de mal à saisir l’idée des 50ml « par pellicule ».
    est-ce à dire que dans une cuve de 500ml je ne peux développer qu’une seul film à la fois et non deux?

    • Yvan Auteur de l’article

      Je pense que tu voulais dire 5 ml. C’est absolument ça, comme il faut une quantité minimale de produits chimiques pour révéler une pellicule, que l’on considère de 5 ml, il faut qu’il y ait au moins 5 ml pour une pellicule ou 10 ml pour deux pellicules et comme la technique consiste à diluer à 1/100, on est obligé d’avoir une cuve de 500 ml, ou de 1 l. Donc, dans une cuve de 500 ml, tu ne peux traiter qu’une seule pellicule.

  • Grouvly

    Contrairement à ce qui est dit un peu partout sur le stand développement la température n’est pas un facteur à négliger. A 24 degrés et 1h exposé à 400 Iso vous aurez un négatif fortement surexposé ( avec la tri-x cela reste exploitable). Alors attention quand même en période d’été ou les liquides sont proches des 24 ou 25 degrés.

    • Yvan Auteur de l’article

      c’est juste, disons que je voulais dire que c’était plus souple qu’un traitement classique ou 1 dégrée change la donne. Mais merci de cette précision. on pouvait interpréter mes propos autrement.

  • Yann

    Bonjour

    En Stand dev. j’ai développé une Trix 400 poussée à 800 iso pendant 1h30 j’ai des « bandes » régulières et répétés sur toute la bobine petit côté (parallèle au 24mm) comme un film qui a pris le jour mais c’est bien trop « net » et régulier pour être ça.
    Ca vient de la température ? trop d’agitation (2 retournements pour 1h30) ?
    j’ai utilisé 5ml de rodinal pour 500 ml