Pourquoi choisir un appareil télémétrique? 13


Des systèmes photographiques très divers furent inventés depuis la naissance de la photographie argentique, et l’offre numérique s’étoffe continuellement en reprenant des types d’appareils existants (reflex, télémétriques, moyens formats) ou en en créant de nouveaux. Au delà des différences de format du négatif et de la photo obtenue, la prise de vue ne sera pas envisagée de la même façon. C’est pourquoi certains types d’appareils sont dédies préférentiellement au reportage, au studio, a la photo de paysage ou panoramique etc.

 

fuji x100Cet article se propose de présenter le système télémétrique, souvent retrouvés en argentique et pour lequel l’offre s’est récemment étoffée en numérique.

 

Alors, pourquoi cet engouement historique pour les appareils télémétriques? En effet, Leica en a fait son système phare, que ce soit en argentique et en numérique, et d’autres marques telles que Fuji proposent également ce système en numérique à des prix plus abordables.

 

Quelles différences entre des appareils réflex et télémétrique?

Le viseur, tout d’abord :

– Le système reflex permet de visualiser dans le viseur l’image obtenue à travers l’objectif par un jeu de miroir, il est généralement centré en haut du dos de l’appareil. L’appareil télémétrique lui présente un viseur indépendant généralement décalé dans un coin supérieur du boitier.

– En apparence, un viseur reflex présente la photo à l’ouverture la plus lumineuse (plus grand diaphragme, ce qui entraîne une faible profondeur de champs, c’est à dire un premier plan net et un arrière plan flou).

– La visée télémétrique quant à elle est nette sur tous les plans, tout en étant lumineuse. Cette dernière permet de contrôler tous les plans et détails à inclure dans la photo, mais ne permet pas de prévisualiser les effets de flou d’arrière plan souhaités sur la photo. Elle bénéficie généralement d’un grossissement plus important que pour un reflex: l’image visualisée est plus grande.

– Au niveau du cadre, la visée reflex se limite à l’intégralité (ou presque) de la photo ; tandis que la télémétrique rapporte généralement un champ plus large que celui de la photo avec le cadre de la photo en surimpression. Ces cadres varieront en fonction des optiques utilisées (la correspondance se faisant de manière automatique ou manuellement en fonction des appareils).

 

Cadres apparaissant dans le viseur de mon Mamiya 7ii : 65mm en vert, 80mm en rouge, 150mm en bleu :

Frame surimpression frames M7ii

 

Ainsi, le principal avantage des télémétriques est leur viseur qui bénéficie d’un viseur lumineux, avec une image nette en tout plan afin de mieux composer l’image. Le fait qu’il couvre un champ plus large que l’image permet également de contrôler l’intégration d’éléments proches dans le cadre de la photo, ce qui est particulièrement pratique en reportage avec des sujets mouvants.  Enfin, le fait que le viseur soit dans un coin de l’appareil permet garder les deux yeux ouverts : l’un au viseur, l’autre sur la scène pour contrôler la scène ce qui est très confortable notamment en reportage. C’est réalisable avec un reflex bien sûr mais moins confortable.

Néanmoins, ce viseur peut être significativement réduit en présence de longues focales, des viseurs externes sont alors associés à chaque optique, à fixer sur la griffe du flash. L’autre inconvénient est le décalage de parallaxe : l’image ne provenant pas de l’objectif, l’image apparaît selon des angles différents à travers l’objectif (et sur le capteur/la pellicule) et le viseur. C’est pourquoi des systèmes de correction de la parallaxe ont été développés, le cadre de la photo apparaissant en surimpression se déplaçant en fonction de la mise au point faîte.  Enfin, come énoncé précédemment, ce type de viseur ne permet pas prévisualiser l’image à la profondeur de champ choisie (plus ou moins floue en arrière plan). A noter que ces deux derniers inconvénients disparaissent avec une visée électronique, comme cela a été développé sur certains appareils photo numériques récents (voir les exemples présentés après).

 

mamiya 7iiEnsuite, le boitier télémétrique :

–        La principale différence avec le boitier reflex réside dans le fait que l’obturateur se situe dans l’objectif, qui est activé par le boitier. Le déclenchement avec un reflex soulève un miroir situé derrière l’objectif : la lumière au lieu de partir dans le viseur imprime le capteur/la pellicule.

–        Le boitier télémétrique ne présente quasiment que des avantages. Tout d’abord, l’absence de miroirs permet de réduire significativement la profondeur du boitier, l’appareil télémétrique est donc plus compact, et plus facile à transporter ; mais cela permet aussi de continuer à visualiser l’image pendant la pose de la photo : cela s’avère très utile pour les poses longues sur des sujets en mouvement (ou « filés »). Par ailleurs, son principal avantage est la discrétion: le bruit de l’obturateur (« clic » à la prise de la photo) est beaucoup plus discret ; ce qui et non négligeable dans certaines situations telles que la photo de concert, le reportage et même le portrait où la personne ne s’aperçoit même pas du moment où vous prenez la photo. De plus, de nombreux télémétriques disposent de mode silence, quand ils ne sont pas déjà quasi-inaudibles par défaut.

– Petit bémol, les appareils télémétriques n’affichent pas les mêmes performances que les reflex en prise de vue (mode rafale notamment) : je ne sais pas à quoi cela est du, mais ça reste mineur pour la plupart des utilisations autre que la photo de sport. A noter également que de nombreux appareils numériques comportent désormais un viseur électronique, assimilable à celui d’un reflex; avec comme principal inconvénient le fait qu’il s’éteigne durant la prise de vue de la photo. Peut-être y a t’il là une innovation à venir ?

 

En conclusion, les appareils télémétriques seront moins polyvalents que les réflexes, mais ils apportent un vrai confort à la prise de vue : l’essayer c’est l’adopter !

Voici maintenant une présentation des plus beaux appareils télémétriques dont Yvan et moi-même sommes les heureux possesseurs:

– Mamiya 7ii : C’est appareil très compact (et donc facile à transporter) bien que ce soit un moyen format avec qui délivre des négatifs 6*7cm très détaillés, et permettant de forts agrandissements au tirage tout en gardant une qualité optimale. Les objectifs sont interchangeables (certains nécessitant un viseur externe qui se monte sur la grille de flash), et des grands angles comme le 43mm (équivalent 21mm en 24*36) sont dédiés au panoramique et à la photo de paysage avec une distorsion quais-nulle. A noter qu’un adaptateur permettant d’utiliser des films 24*36 existe, les négatifs sont alors équivalents à deux poses, soit un ratio d’environ 1/3.

Leica M6+35mm F1,4

– Leica M6 : Comme avec la plupart des leica, le viseur est superbe et les objectifs de très haute performance, permettant là aussi des agrandissements de qualité.

– Fuji X100 : Le seul appareil avec un vrai viseur optique pouvant passer en électronique, ce qui permet d’éviter les problèmes de parallaxe (notamment en macro) et facilite la photo en faible lumière. L’objectif de 23mm est excellent (équivalent 35mm en 24*36) n’est pas interchangeable mais permet de faire face à 90% des situations de reportage. Avec cet appareil, le plaisir du télémétrique numérique est à la portée de tous : le premier modèle X100 se négocie à moins de 500euros d’occasion, tandis que le nouveau X100S reste à plus de 1000 euros.

Et voici d’autres appareils mythiques que nous aimerions acquérir (un jour..) :

– Konica Hexar RF : Cet appareil est semblable aux Leica, à moindre prix forcément. Les objectifs hexanon font concurrence aux summicrons. Il a toutefois la particularité d’être le premier à avoir un mode silencieux, important pour des prises de vue discrètes, ce qui est repris sur le Fuji X100 actuellement. Les leicas n’en n’eurent pas l’utilité car ils sont déjà très silencieux.

– L’Hasselblad Xpan (identique au Fuji T-X), permettant de faire soit du 24*36, soit du panoramique sur 2 poses. Intéressé par le panoramique, j’ai toutefois opté pour le Mamiya 7ii (voir ci-dessus), bien qu’il soit un peu plus gros et lourd à transporter il peremt de faire du 6*7 et reste moins rare et moins cher d’occasion.


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13 commentaires sur “Pourquoi choisir un appareil télémétrique?

  • Mimione

    Ah ben je croyais qu’un appareil « télémétrique » était un appareil équipé d’un télémètre (système de mesure de distance avec 2 fenêtres écartées), ce qui n’est pas le cas, par exemple du Fuji100(s) qui n’est qu’un appareil à visée séparée (non réflex), mais en aucun cas un « télémétrique », car non équipé d’un télémètre (mais d’un système autofocus moderne).
    Me goure-je ?

    • Yvan

      Au sens usuel du terme télémètre, oui tu as raison, le X100 n’est pas un télémétrique. Mais il conserve l’esprit final. Au même titre que les hybrides sony plein format à viseur électronique qui ne sont donc pas des reflex. Mais télémètre signifie mesure de distance, alors … ;-)
      Cependant, de nombreux utilisateurs de vrai télémétriques (leica, xpan, etc…) utilisent des X-pro 1 ou x100 avec la même préhension. C’est pour cela que l’on a intégré le x100 dedans.

  • michel

    « Enfin, le fait que le viseur soit dans un coin de l’appareil permet garder les deux yeux ouverts : »
    oui à condition de viser avec l’oeil droit , ce qui n’est pas la cas de la plupart des gauchers dont l’oeil directeur est le gauche, ce qui est mon cas. On fait avec mais c’est moins confortable.

    • Thomas Auteur de l’article

      Ici Thomas, après un mois de coupure pour cause de déménagement j’ai retrouvé internet ! Merci à Yvan d’avoir fait le nécessaire pour la publication de l’article.
      En effet, j’ai pas pu faire exhaustif, car de nombreux systèmes existent même en télémétrique. Concernant le Mamiya 6, c’est un super appareil c’est sûr. Mais j’ai finalement opté pour le Mamiya 7 car le format 6*7 m’attirait, mais surtout car il dispose d’un objectif grand angle 43mm (équivalent 21mm), et de repères dans le viseur pour faire du panoramique. Le viseur de cet objectif est externe, et se fixe sur la griffe de flash : ainsi il convient qu’on soit droitier ou gaucher de l’oeil comme Michel ;-).
      En tous les cas, merci pour vos commentaires et réactions.

  • Thomas Auteur de l’article

    Flash spécial : le Xpro1 arrive en fin de vie, ce qui signifie que de bonnes promos commencent ! Fuji rembourse 100 euros sur le kit Xpro1+35mm+18mm, soit 1400 euros chez le cirque photo par exemple. Comparé au prix de vente au détail, une bonne promo de plus de 600 euros ! A vos bourses…

  • Germain

    Un bon zorki avec un objectif jupiter 3 ou 8 est à ne pas négliger. Avec mon Zorki, limited edition Titanic, je ne coule pas mais fait les mêmes photos qu’avec mon Leica…Je n’en dirais pas plus tellement la différence est grande en terme de…prix!

  • David

    En soit aucun Fuji n’est télémétrique, à ma grande tristesse :(
    Le Mamiya c’est juste une merveille, très bon choix
    Y a t’il d’autres boitiers entre-temps sorti en numérique telemetrique? (or Leica…)
    merciiii
    David

    • Yvan

      pour le moment, aucun a ma connaissance. Seul un KONOST FF serait « peut être » en préparation, mais cela fait 2 ans qu’on attend. Cela dit, il semble que cela soit prévu pour fin 2017.